mardi 6 mai 2008

Lettre ouverte à qui veut la lire...

Pendant une récente visite chez des gens de la famille, et alors qu'on discutait tranquillement dans le salon, une jeune fille -cartable au dos- poussa la porte de l'appartement et entra. Personne parmi nos hôtes ne lui prêta d'attention particulière mais moi qui ne la connaissait pas et savait qu'elle n'était pas l'une de leurs filles me demandais qui pouvait elle bien être.

Quelques minutes plus tard, et alors que je m'étais replongé dans ma discussion avec monsieur A, la même jeune fille réapparut mais cette fois avec un tablier autour de la taille et un plateau dans les mains. Pendant qu'elle débarassait la table, madame W lui demanda comment s'est passée sa journée à l'école. Suite à quoi elle lui dit quoi préparer pour le diner et l'autre partit ensuite en direction de la cuisine...

Vous aurez à coup sûr déduit de cette courte scène que la jeune fille en question est en faite leur bonne. Mais une bonne pas comme les autres vu que celle-ci est scolarisée.
C'est donc à Monsieur A -et à tous ceux qui se comportent de la même manière- que je m'adresse.

"Merci de m'avoir permis de voir qu'il y a encore des gens avec un cœur dans ce bas monde. Des gens qui traitent ces jeunes filles de la même manière qu'ils traitent leurs propres filles. Certes, je ne suis resté chez vous que l'espace d'un après midi, j'en sais cependant assez pour affirmer que cette fille n'aurait pu trouver meilleure famille d'accueil que la vôtre. Car c'est bel et bien de famille d'accueil qu'il s'agit. Venues de lointains villages perdus entre les montagnes, ces personnes demeurent avec nous durant toute l'année et ne partent rencontrer les leurs que le temps d'un Aïd ou d'un marriage.

Vous êtes donc un exemple à suivre. Un exemple avant tout pour vos enfants, mais aussi pour toutes celles et ceux qui veulent vivre la conscience tranquille. Et qu'importe ce que peuvent en penser certains, vous faîtes désormais partie des modèles auquel que je me force de ressembler.

Il est vrai que même si dans beaucoup de familles marocaines on traite "bien" ces aides ménagères, par exemple en leur achetant des habits, en les emmenant en voyage voire même en leur préparant le trousseau quand elle comptent se marier. Je trouve quand même que les scolariser demeure la plus belle chose qu'on puisse leur offrir en contrepartie de leurs efforts. Certes, la nature de leur travail ne leur permettra pas de pousser bien loin le niveau des études, mais il n'empêche que ça demeure un atout et que vous lui avez permis d'ouvrir les yeux sur un monde qui n'accepte plus les analphabètes."

Et on aura beau me dire que c'est un devoir pour ses employeurs, ou encore qu'il n'y a rien de spécial à concernant ce sujet. Il n'empêche que moi ça m'a beaucoup touché et qu'au risque de me répéter j'avoue sincèrement que du haut de mes 23 années fraîchement bouclées, je n'ai encore jamais assisté à pareille scène. Vous comprendrez donc ma réaction et l'envie de partager cela avec vous via cet article.

Bravo donc à cette famille modèle et à ses semblables partout au Maroc. J'espère seulement que je n'aurai pas à attendre 23 autres années pour revoir pareille scène se dérouler. (De vous à moi, il reste beaucoup de chemin à parcourir et de mentalités à changer concernant ce registre là. Mais je ne pense pas vous apprendre quelque chose que vous ne sachiez déjà...)

1 commentaire:

Anonyme a dit…

oh oui:o